Une troisième scène digitale pour l’Opéra de Paris

30 octobre 2015 Mathilde de Chalonge Actu/Buzz,Art digital,

Après Garnier et Bastille, le temps du digital

 

 

La très vieille institution française (1669), L’Opéra national de Paris, a entamé un virage résolument moderne cette année en lançant son projet de « Troisième scène« . Après l’ouverture du Palais Garnier (1875), celle de l’Opéra Bastille (1989) cette nouvelle salle de spectacle qu’est la Troisième scène a une particularité de taille : elle n’existe que sur vos écrans.

 

 

La troisième scène n’est pas qu’une simple plateforme qui relaierait des reportages sur les petits rats de l’opéra qui chaussent leurs premières pointes ou sur les chanteurs d’Opéra faisant leurs gammes. L’ambition de Stéphane Lissner, Directeur de l’Opéra de Paris, est autre : faire de la Troisième scène un espace de création artistique originale mêlant cinéma, danse, musique… tout cela disponible gratuitement et en ligne. Le but du projet est de démocratiser cette impressionnante et vieillissante maison qu’est l’Opéra de Paris : le public visé a moins de trente ans.

 

La Troisième scène réunit la crème de la crème aussi bien au niveau des interprètes (artistes célèbres de la Maison) que des réalisateurs : Mathieu Amalric et Glen Keane ont accepté de collaborer au projet de Lissner.

 

Le film « La Grande Sortie », d’Alex Prager résume à lui seul la volonté de l’Opéra de Paris : mêler tradition et modernité. Dès la première scène l’union des deux univers est annoncée par la présence d’une jeune fille aux joues rosées et Vogue aux lèvres, très années 60, au milieu d’une foule très 2015.

 

Ainsi c’est la danse classique qui est à l’honneur dans le premier temps de ce film, avec Giselle, ballet romantique et français du XIXème par excellence, mais c’est à l’Opéra Bastille que la représentation a lieu, lieu de la modernité. De plus la danseuse étoile, Emilie Cozette, est montrée dans un premier plan avec une tenue non conventionnelle : cheveux lâchés et non pas attachés en chignon. Et soudain nous voici plongés dans L’Après-midi d’un Faune, ballet qui a jeté au feu la danse classique, précurseur de notre danse contemporaine.

 

En quelques minutes La Grande Sortie condense deux siècles d’un art et allie une perception romantique du ballet à une perspective tout à fait moderne. L’évolution de la danse est imaginé à partir du couple de danseurs étoiles Emilie Cozette et Karl Paquette, avec une touche de fantastique qui n’est pas sans rappeler Black Swan.

 

 

Pour l’instant peu de contenus sont disponibles sur le site. Beaucoup de films sont sur la danse mais ont fait appel pour leur réalisation à des plasticiens, musiciens, décorateurs, costumiers, dessinateurs, photographes…

La troisième scène de l’Opéra de Paris vise à s’enrichir dans les prochains mois. Les créations artistiques proposées sur le site seront pour certaines dévoilées également dans des musées et galeries, un moyen pour cette troisième scène de s’ancrer l’espace d’un instant dans un lieu et de tisser des liens entre l’Institution et son nouveau public.

 

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