Tim Burton : l’horreur merveilleuse

28 avril 2016 Morgane Decoret Ciné/Séries,

Burton est un réalisateur unique en son genre

 

Une chose est sûre, le cinéaste de 57 ans a eu une carrière bien remplie. En 18 longs métrages, il a réussi à imposer son style et à convaincre les studios de lui laisser carte blanche pour chacune de ses réalisations. Pourtant, son univers surprend et le succès commercial n’est pas toujours au rendez-vous… Mais qu’on aime le genre ou pas, on ne peut pas ignorer le génie derrière l’artiste, qui a créé un style inédit dans le monde du cinéma : l’horreur merveilleuse.

 

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Un drôle de mort

 

La plupart de ses films sont sombres : du noir, du blanc, de la mort, des cimetières et des vieux manoirs en ruine… mais le cinéaste prend toujours soin de contrebalancer cette ambiance macabre avec des touches de merveilleux. Ainsi, les monstres des films ne sont pas censés faire peur. Les habitants du monde des morts de Beetlejuice sont plus grotesques qu’effrayants, malgré le fait qu’ils soient tous décédés dans d’horribles circonstances, et on aimerait presque caresser Scraps, le chien squelette des Noces Funèbres ou encore Zero, le chien fantôme de l’Etrange Noël de Monsieur Jack tant ils sont adorables !

 

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Des beaux bruns ténébreux… avec des coupes pour le moins particulières !

 

Les personnages masculins sont souvent de beaux ténébreux (incarnés par Johnny Depp) tandis que leurs équivalents féminins sont de belles blondes diaphanes, presque fantomatiques parfois (Winona Ryder dans Edward aux mains d’argent, Christina Ricci dans Sleepy Hollow, Jane Wisener dans Sweedey Todd ou encore Mia Wasikowska dans Alice au Pays des Merveilles).

 

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Le mal et l’innocence s’opposent dans ce contraste mais ils peuvent aussi se mélanger. Le personnage est perçu comme un monstre aux yeux de sa société car il est différent, alors qu’au final, il est le héros de l’histoire, le gentil, et le spectateur est si attendrit qu’il en oublie l’horreur.

 

Tim Burton n’avait pas beaucoup d’amis étant enfant, il se sentait probablement exclu et il se projette dans ses personnages. C’est pour cela qu’il leur donne souvent la même coupe de cheveux que lui : des cheveux rebelles, en bataille. C’est le cas du barbier dans Sweeney Todd, du Chapelier Fou d’Alice au Pays des Merveilles et bien sûr, d’Edward dans Edward aux mains d’argent.

 

Poster for the film 'Edward Scissorhands' (directed by Tim Burton), 1990. (Photo by Buyenlarge/Getty Images)

Affiche du film Edward aux mains d’argent (réalisé par Tim Burton), 1990. (Photo par Buyenlarge/Getty Images)

 

Ce détail seul suffit à les identifier  comme des personnages qui ne sont pas conformes à ce que la société estime « normal ». En revanche, les coiffures choisies pour Johnny Depp dans Charlie et la Chocolaterie et Dark Shadows semblent avoir été calculées au millimètre. Mais même lorsque la coupe est « propre », elle est beaucoup trop parfaite !

 

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Le réalisateur est donc toujours dans l’excès, incapable de faire dans la normalité, en oscillant toujours entre deux extrêmes : le désordre et la netteté, la peur et le rire, l’horreur et le merveilleux.

 

 

Son amour pour Halloween

 

Et il est véritablement le seul à pouvoir créer cette esthétique si particulière, mêlant extravagance morbide et simplicité enfantine qui est exactement l’ambiance associée à Halloween : des enfants qui jouent à faire peur. D’ailleurs, cette fête, très populaire aux Etats-Unis, est représentée dans nombre de ses films : L’Etrange Noël de Mr Jack, Ed Wood, Charlie et le Chocolaterie (par rapport aux sucreries)…  et on retrouve aussi des citrouilles un peu partout comme dans Sleepy Hollow par exemple.

 

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Créateur de genres

 

Comme Tim Burton refuse les limites, il va se permettre de toucher à tout et d’aller jusqu’à réinventer des genres.

Vous connaissiez la comédie musicale version High School Musical ? Tim Burton voit les choses un peu différemment dans Sweeney Todd… le barbier tue ses clients et les envoie au sous-sol par une trappe dérobée où Mrs Lovett les transforme en tourtes à la viande tout en chantant. On est tout de suite moins dans l’esprit lycée… Pourtant, ça marche plutôt bien !

 

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Il a aussi contribué à métamorphoser l’image du super héros. Son Batman de 1989 a complètement changé l’allure de l’homme chauve-souris. Pendant les semaines précédant la sortie du film, les studios ont reçu des tonnes de lettres de fans demandant l’annulation du projet car le costume ne correspondait pas, car le film allait être trop sombre… Au final, le film a été un véritable succès et les fans ont adoré l’interprétation du personnage par Burton.

 

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Son génie est tel qu’il va même jusqu’à créer une mode parfois. Après les films d’animation l’Etrange Noël de Mr Jack (1993), Frankenweenie (1984 pour le court métrage) et les Noces Funèbres (2005), d’autres réalisateurs se sont lancés dans le genre du dessin animé d’horreur: Monster House (2006), Coraline (2009), L’Étrange Pouvoir de Norman (2012) et Hôtel Transylvanie (2012)… Ils n’ont tout de fois pas réussi à restituer pleinement l’atmosphère burtonienne.

 

 

L’univers si spécial du réalisateur qui mêle horreur et merveilleux est reconnaissable entre mille et il n’y a aucun doute que les prochains films de Burton continueront de ravir les fans du genre !

 

 

 

 

 

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