Nos pronostics du Goncourt 2016

13 septembre 2016 Mathilde de Chalonge Actu/Buzz,Livres,

Seize romans en lice pour le Goncourt : qui gagnera ?

Les seize romans en lice pour le prix Goncourt 2016 ont été dévoilés, mais qui a le plus de chance de gagner le plus fameux des prix littéraires ?

 

– Natacha Appanah, Tropique de la violence (Gallimard)

– Metin Arditi, L’enfant qui mesurait le monde (Grasset)

– Magyd Cherfi, Ma part de Gaulois (Actes Sud)

– Catherine Cusset, L’Autre qu’on adorait (Gallimard)

– Jean-Baptiste Del Amo, Règne animal (Gallimard)

– Jean-Paul Dubois, La Succession (L’Olivier)

– Gaël Faye, Petit Pays (Grasset)

– Frédéric Gros, Possédées (Albin Michel)

– Ivan Jablonka, Laëtitia ou la fin des hommes (Seuil)

– Régis Jauffret, Cannibales (Seuil)

– Luc Lang, Au commencement du septième jour (Stock)

– Laurent Mauvignier, Continuer (Minuit)

– Yasmina Reza, Babylone (Flammarion)

– Leila Slimani, Chanson Douce (Gallimard)

– Romain Slocombe, L’affaire Léon Sadorski (Robert Laffont)

– Karine Tuil, L’Insouciance (Gallimard)

 

 

Les jurys se réuniront le 4 et 27 octobre prochain pour établir leur deuxième et troisième sélection. Mais, avant cette échéance, soyons audacieux et prenons quelques paris. Qui sont les prétendants les plus sérieux au Goncourt 2016 ?

Mathias Enard, Goncourt 2015

Mathias Enard, Goncourt 2015

 

 

Goncourt 2016 : ceux qui ne l’auront pas

 

Procédons par élimination.

Nous pouvons déjà exclure Gaël Faye pour Petit Pays et Ivan Jablonka pour Laetitia ou la Fin des hommes. Le premier a reçu le prix Fnac et le second le Prix Le Monde.

 

Le Masque et la Plume n’a pas vraiment apprécié le Jean-Paul Dubois, ni le Régis Jauffret et, pour moi, il s’agit bien d’un argument valable (ou d’un argument d’autorité, diront d’autres).

 

La couverture des Possédées de Fréderic Gros est trop graveleuse pour que les librairies la laissent passer (et Facebook censurera ces seins que l’on ne saurait voir, quand la famille Dostoïevski intentera un procès pour plagiat).

On peut également écarter L’affaire Léon Sadorski dont la seule (mais grande) faute est d’être publié chez Robert Laffont.

Ma part de Gaulois de Magyd Cherfi a peu de chance d’être récompensé, puisque le Goncourt 2015 est déjà un Actes Sud.

Laurent Mauvignier, aux Editions de Minuit est également un bel outsider. La maison n’a pas été primée depuis 1984 ! (c’était pour L’amant de Marguerite Duras).

 

Fréderic Gros : Possédées

Fréderic Gros : Possédées

 

 

Goncourt 2016 : Nos trois favorites

Maintenant que nous avons bien écrémé la liste des seize candidats, il ne nous reste qu’à choisir. Entre Catherine Cusset, Metin Arditi, Natacha Appanah, Jean-Baptiste Del Amo, Luc Lang, Leila Slimani, Yasmina Reza et Karine Tuil, trois noms se démarquent, les trois derniers, les trois dernières, même.

 

Karine Tuil a déjà été sélectionnée pour de nombreux prix (dont le Goncourt). Elle publie son dixième roman, L’insouciance, à 44 ans. La consécration pour cette année ? Le Goncourt pourrait récompenser sa carrière mais on peut aussi penser qu’elle ne sera jamais assez adorée par les jurys littéraires pour être LA lauréate

 

Karine Tuil

Karine Tuil

 

Yasmina Reza, 57 ans, est avant tout connue pour sa pièce de théâtre Art, mise en scène en 1994. Originellement dramaturge, elle revient, à 57 ans, avec un roman, Babylone, un vaudeville sur un meurtre, la fin d’un amour, l’exil et la solitude.

C’est justement, c’est sa proximité avec le genre théâtral qui pourrait porter préjudice à Yasmina Reza. Le style direct et incisif propre aux dialogues théâtraux, l’emploi du discours indirect et les phrases opérant le rôle des didascalies peuvent rebuter.

 

Yasmina Reza

Yasmina Reza

 

Ma favorite, vous l’aurez compris, c’est Leïla Slimani qui publie cette année son second roman : Chanson douce. Ne vous attendez pas à une comptine innocente. L’incipit dévoile la fin « le bébé est mort« . Myriam et Paul sont mariés, couple avec deux enfants. Ils embauchent une nounou, Louise.

Rien de plus banal et pourtant, toute la toile du drame est déjà tissée. Leïla Slimani n’a pas peur de côtoyer l’horrible, le truculent : en 2014 elle dressait le portrait d’une nymphomane Dans le Jardin de l’Ogre.

Les critiques sont élogieuses, qu’elles viennent de la presse ou des lectures. Beaucoup rêveraient de voir une jeune auteur, et qui plus est une femme, honorée du Saint Graal.

 

Leïla Slimani : Chanson Douce

 

Réponse le 3 novembre…

 

 

 

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