Marvel : l’histoire derrière les super-héros – ÉPISODE 4

10 août 2016 Bastien Hauguel Actu/Buzz,Ciné/Séries,Livres,

Spider-Man, les Quatre Fantastiques, l’Incroyable Hulk, Iron Man, Daredevil, Thor, Captain America ou encore les X-Men… Tant de personnages qui ont su nous faire rêver et qui proviennent tous de comics-books publiés par la société Marvel. Affectueusement appelé la Maison des Idées par ses fans, Marvel s’est imposé comme une pierre angulaire de la pop culture contemporaine. Des tout premiers comics durant la Seconde Guerre Mondiale aux blockbusters à succès, retour sur l’incroyable parcours de la célèbre maison d’édition. Dans cet épisode, on va s’intéresser à la descente aux enfers de la compagnie dans les années 80-90.

 

Cet article fait partie de la saga Marvel : l’histoire derrière les super-héros. Chaque mercredi retrouvez la suite de cette histoire incroyable :

 

Épisode 1 : les origines
Épisode 2 : l’âge d’argent
Épisode 3 : les années sombres
Épisode 4 : la crise et la chute
Épisode 5 : la renaissance
Épisode 6 : Disney à la barre

 

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Marvel-logo

 

Épisode 4 : la crise et la chute

L’année 1986 est décisive pour Marvel. Son concurrent DC Comics vient de publier deux grands chefs d’œuvres au ton plus adulte, à savoir The Dark Knight Returns et Watchmen. Cadence Industries, propriétaire de la Maison des Idées, est en très grande difficulté financière et doit trouver un acheteur pour ses différentes filiales. Le 21 novembre, Marvel est vendu à New World Entertainment. Pas de bol, trois ans plus tard la société a également de nombreux problèmes financiers (décidément !) et est contraint de revendre Marvel et toutes ses filiales. Le groupe est acheté par le financier Ronald Perelman pour la modique somme de 82,5 millions de dollars.

 

Propriétaire de MacAndrews & Forbes Holdings, Perelman est un homme d’affaires qui a fait fortune en redressant des sociétés qu’il a ensuite revendu. Il a souvent été dépeint comme l’archétype du financier, toujours avec un cigare à la main. L’anecdote veut que le bonhomme pensait capitaliser sur le personnage de Superman en achetant Marvel. Autant dire qu’il a été plutôt mal informé…

 

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Ron Perelman

 

Pour sauver la firme de la mouise, Ron Perelman ouvre le capital en bourse et achète des sociétés comme Panini dans le but de réinjecter des fonds dans Marvel, le tout pour 700 millions de dollars. La stratégie est simple : offrir avec chaque comics cinq cartes à échangées. Pour pouvoir les collectionner, les fans doivent multiplier les achats de plusieurs comics. La maison d’édition finit même par augmenter le prix de ses comics, qui passent de 40 centimes en 1980 à 1 dollars en 1988. Et cela va marcher pendant un moment. Mais entre 1993 et 1996, les revenus des comics et des cartes s’écroulent et Marvel, qui il y a un certain temps semblait invincible, est désormais plus que vulnérable.

 

marvel trading cards

Cartes à collectionner Marvel

 

Descente aux enfers

 

Le président de l’époque Scott Sassa a observé que « c’était comme si tout ce qui pouvait arriver de mal s’est produit ». À savoir si Perelman est le seul à blamer, il n’y a qu’un pas. Mais les conséquences pour le secteur entier sont extrêmement importantes. Des centaines de vendeurs de comics sont obligés mettre la clé sous la porte, tandis que les ventes chutent de près de 70%.

 

À cette époque, et après le succès de la série TV Hulk en 1977, Marvel tente de se sauver en se reposant énormément sur ses productions télévisuelles. La compagnie produit les séries animées X-Men en 1992 et Spider-Man en 1994 et gagne énormément d’argent grâce à la vente de produits dérivés. Ces séries sont issus des filiales Marvel Films et New World Animation, toutes les deux dirigés par Avi Arad. En plus d’assurer la fonction de producteur, Arad est à la tête de la société Toybiz qui possède les droits de commercialisation des produits dérivés Marvel. Cette exploitation plurimédia du catalogue « marvélien » rapporte désormais beaucoup plus que les comics. Mais même avec cet apport, la situation financière de la compagnie n’est toujours pas au beau fixe.

 

x-men, spider-man, avi arad

Avi Arad à côté des dessins animés X-Men et Spider-Man

 

Au total, la société accumule près de 500 millions de dollars de dettes. Dans l’impossibilité de rembourser une telle somme, Marvel est désormais contrôlé par les banques qui ont lui prêté de l’argent. Dans la toute fin de l’année 1996, Marvel se déclare en faillite et rentre en redressement judiciaire. Bref, c’est pas la joie. Le bateau est en train de chavirer… et attire les requins.

 

Carl Icahn, hommes d’affaires et milliardaire à la Donald Trump (qu’il soutient d’ailleurs pour la présidentielle de 2016), profite de la situation pour tenter de s’accaparer Marvel. En achetant des actions à 20% au-dessus du marché, Icahn efface un tiers de la dette du groupe pour pouvoir obtenir 50% de Marvel et ainsi imposer son propre conseil d’administration. Perelman et Icahn se disputent le contrôle de la société. Finalement, Icahn réussit à se faire élire président du Directoire le 20 juin 1997 et devient actionnaire majoritaire de MacAndrews & Forbes Holdings qui, on le rappelle, détient Marvel.

 

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Carl Icahn

 

La compagnie est au bord du gouffre… Mais c’est sans compter sur l’acharnement du financier Ike Perlmutter et d’Avi Arad.

 

Découvrez comment Marvel s’en est sorti dans l’épisode 5 !

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