Marvel : l’histoire derrière les super-héros – ÉPISODE 3

3 août 2016 Bastien Hauguel Actu/Buzz,Ciné/Séries,Livres,

Spider-Man, les Quatre Fantastiques, l’Incroyable Hulk, Iron Man, Daredevil, Thor, Captain America ou encore les X-Men… Tant de personnages qui ont su nous faire rêver et qui proviennent tous de comics-books publiés par la société Marvel. Affectueusement appelé la Maison des Idées par ses fans, Marvel s’est imposé comme une pierre angulaire de la pop culture contemporaine. Des tout premiers comics durant la Seconde Guerre Mondiale aux blockbusters à succès, retour sur l’incroyable parcours de la célèbre maison d’édition. Dans cet épisode, on va s’intéresser aux années 70-80.

 

Cet article fait partie de la saga Marvel : l’histoire derrière les super-héros. Chaque mercredi retrouvez la suite de cette histoire incroyable :

 

Épisode 1 : les origines
Épisode 2 : l’âge d’argent
Épisode 3 : les années sombres
Épisode 4 : la crise et la chute
Épisode 5 : la renaissance
Épisode 6 : Disney à la barre

 

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Marvel-logo

Épisode 3 : les années sombres

À la sortie des années 60, Marvel Comics se porte à merveille. Un vent de créativité souffle chez la maison d’édition. Cet élan artistique est récompensé par des ventes florissantes, également dues au rachat de Cadence Industries, qui permet désormais à Marvel de sortir autant de titres que souhaité. La compagnie s’implante même en Grande-Bretagne, avec la création en octobre 1970 du super-héros british Captain Britain et sa série exclusivement réservée au public anglais. Bref, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

 

stan lee 70s

Stan Lee dans les années 70

 

De nouvelles histoires plus matures

 

En 1971, le Département de la Santé et des Services sociaux des États-Unis contacte le rédacteur en chef de Marvel Stan Lee et l’incite à réaliser un comic-book traitant du sujet « touchy » de l’abus de drogues. Lee accepte et écrit une histoire en trois parties dans le comic le plus populaire de l’époque : The Amazing Spider-Man. La prise de drogues y est décrite comme dangereuse et pas aussi « cool » qu’il n’y paraît. Toutefois, le Comics Code Authority (en gros le CSA des comics-books) n’approuve pas cette histoire du fait des références très claires aux produits stupéfiants, même si leur usage dans le contexte de l’histoire n’est pas vraiment glorifiant.

 

Mais Lee, au sommet de sa gloire, ignore tout simplement l’organisation et, avec l’aval du directeur de publication Martin Goodman (faut pas abuser non plus), publie l’histoire dans les numéros 96 à 98 de The Amazing Spider-Man. Encore une fois, ces bandes-dessinés rencontrent un succès monstrueux et le Comics Code Authority est vivement critiqué pour sa rigidité. Cet événement va permettre une modification des règles du code, qui deviendront de plus en plus souple au fil des années.

 

amazing spider-man drug 2

 

Les comics Marvel en général vont devenir de plus en plus sombres, influencés par le contexte pesant des années 70. En effet, les États-Unis connaissent une crise majeure, embourbés dans la guerre du Viêtnam et secoués par le scandale du Watergate. La criminalité augmente et la ville de New York, où se trouvent les locaux de Marvel, devient dangereuse à vivre.

 

Cette désillusion chez le peuple américain se reflète dans les comics qui s’éloignent de la fantaisie pour dépeindre une réalité beaucoup plus dure. Symbole de ce changement, la mort brutale de Gwen Stacy en 1973 dans The Amazing Spider-Man #121-122. Le destin funeste de ce personnage populaire de l’univers du Tisseur a choqué bon nombre de lecteurs. Quelques fans ont même menacé de mort certains scénaristes. Cet événement devient ainsi un des plus marquants dans l’histoire des comics Marvel.

 

asm 121

 

Cette nouvelle atmosphère plus noire se retrouve également chez d’autres titres. En réponse au scandale de Watergate, le super-héros patriotique Captain America a perdu confiance en son rôle et prend le nom de Nomad, une nouvelle identité qu’il veut apatride. Et puisque les super-héros ont échoué à rendre le monde meilleur, un nouveau genre de protagoniste fait son apparition.

 

C’est ainsi que surgit pour la toute première fois en 1974 le Punisher dans The Amazing Spider-Man #129. Cynique et impitoyable, le justicier s’écarte des valeurs super-héroïques traditionnelles et préfère tuer froidement ses adversaires au lieu d’accepter leur reddition et les livrer à la justice.

 

punisher

 

La même année, l’ultra populaire en devenir Wolverine fait son apparition dans Incredible Hulk #180. Créé au départ pour infiltrer le marché canadien, le mutant griffu est féroce et son côté animal tranche encore une fois avec l’archétype du super-héros. D’ailleurs, lui non plus n’hésite pas à tuer de sang-froid.

 

wolverine

 

Marvel au sommet

 

À cette époque, Marvel est numéro un du marché et rogne significativement la part de son éternel concurrent DC Comics. La Maison des Idées tente même de racheter la firme. DC est d’accord pour céder l’intégralité de son catalogue à Marvel mais souhaite toutefois garder le contrôle de ses deux personnages phares, à savoir Batman et Superman. Les deux maisons d’éditions ne se mettent pas d’accord et DC est finalement racheté par la Warner.

 

Même en étant numéro un, Marvel a souffert de la crise des kiosques à journaux. Son activité repart petit à petit à la hausse vers la fin des années 70 avec l’arrivée massive des magasins de comics. Son succès provient de titres comme Uncanny X-Men écrit par Chris Claremont et dessiné par John Byrne et qui, au milieu des années 80, est le comic-book américain le plus vendu au monde. Marvel continue à publier des histoires de plus en plus sombres. Au début des années 80, le scénariste Frank Miller remet au goût du jour le personnage de Daredevil qu’il redéfinit sous un aspect plus « borderline » et mature (et créé par la même occasion le personnage d’Elektra en 1981). Salué par la critique et le public, le passage du scénariste chez Marvel va redéfinir l’ensemble de la production de comics des années 80.

 

frank miller daredevil

Frank Miller

 

Dommage pour Marvel, Miller part chez DC Comics. Il publie en 1986 le chef d’œuvre noir et violent The Dark Knight Returns qui met en scène un Batman vieux et ultra badass. La même année et toujours chez DC, le scénariste Alan Moore écrit Watchmen qui est considéré aujourd’hui comme une des œuvres de littératures les plus importantes du 20ème siècle. Intelligent, noir, et à l’atmosphère incroyable, le comic-book est un succès énorme. DC Comics reprend la main. C’est le début d’un nouvel âge où des histoires ultra violentes comme le Spawn de Todd McFarlane font leur apparition. Malheureusement, Marvel ne suivra pas le mouvement, accélérant ainsi sa chute…

 

the dark knight returns watchmen

 

La suite dans l’épisode 4 !

Suite
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