Le Crime du comte Neville, notre avis sur le nouveau Amélie Nothomb

14 septembre 2015 Mathilde de Chalonge Livres,

Pour le meilleur ou pour le pire ?

 

Une rentrée littéraire sans Amélie Nothomb ? C’est un peu comme un été sans vacances, un Salon de l’Agriculture sans Jacques Chirac ou un trajet avec la RATP sans retard… Ca n’a pas la même saveur, il manque quelque chose… Heureusement on peut compter sur Amélie pour être dans la place, et encore une fois elle ne nous a pas fait faux bond.

 

Son nouveau roman ? Le Crime du Comte Neville, publié le 20 août chez Albin Michel. Ne comptez pas sur son éditeur pour nous en dire plus. Une citation est censée condenser l’essentiel du livre : « Ce qui est monstrueux n’est pas nécessairement indigne ». On a donc du mener l’enquête pour en savoir plus.Le crime du comte Neville

Les Neville sont une famille aristocratique sans le sou et déjanté qui se sert la ceinture toute l’année pour pouvoir organiser chaque année une immense fête dans leur château qui tombe en ruine. Mais cette année, il faut vendre, les Neville sont sur la paille, et c’est donc l’occasion ou jamais d’organiser la plus grosse garden-party possible. Au court de la soirée, tout dérape et le Comte Neville commet un crime… Sa fille qui a connaissance du meurtre est rongée par la culpabilité.

 

On retrouve dans ce roman toutes les caractéristiques de la plume d’Amélie Nothomb.

Comme toujours elle fonde ses récits sur une oeuvre littéraire, ici il s’agit du Crime de Lord Arthur Savile d’Oscar Wilde.

Comme d’habitude il y a une bonne part de personnel dans ce roman. Amélie Nothomb se dévoile  en peignant le portrait de l’aristocratie belge, dont elle est elle-même issue.

Et comme d’habitude elle en profite pour en livrer sa critique.

Le style est le même : phrases courtes, simples, légères mêlées à une dose d’humour.

 

Je suis un peu restée sur ma faim. Oui c’est agréable à lire, c’est fluide (la lecture peut être terminée en 1h30/2heures) mais n’est-ce pas un peu creux ? Sûrement. Une histoire nous est racontée mais les rapports entre les personnages ne sont jamais étudiés.

Mais peut-être que cette critique n’a pas lieu d’être ? Peut-être qu’il faudrait que je considère les intentions de l’auteur ?

Amélie Nothomb n’avait pas pour but d’écrire un roman  qui soit conçu comme une étude de mœurs et de caractères. Il faut se satisfaire avec la romancière de la légèreté de la fable, du conte.

C’est une histoire qu’on lit le soir avant de se coucher, comme on raconte La Belle au Bois dormant à ses enfants. Le dénouement tient en deux pages : une histoire aussi facile à conclure que celles qui se terminent par « Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants« … Bref un dénouement à dormir debout, à l’image du livre, de son auteur, déjantés.

 

Si vous aimez Amélie Nothomb je vous conseille de foncer, comme chaque année, dans votre librairie préferée.

Si vous ne connaissez pas encore cet écrivain et que vous cherchez une lecture jubilatoire, suivez mon conseil précédent.

En revanche si vous aimez les romans consistants et où l’épaisseur psychologique des personnages rivalise avec celle de vos amis du réel, je vous conseille de passer votre chemin.

Le Crime du comte Neville

10,99€

Divertissant

Les plus

  • Agréable à lire
  • Condense toutes caractéristiques d'Amélie Nothomb
  • un bon divertissement

Les moins

  • Une histoire vite oubliée

NOTE FINALE :

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