Harry Potter : les raisons du succès

11 avril 2016 Morgane Decoret Ciné/Séries,Livres,

Pourquoi est-ce que tout le monde adore Harry Potter ?

 

Pour les aliens qui ne connaissent pas Harry Potter ou pour ceux dépourvus de goût qui n’aiment pas la saga, je vais vous expliquer ce qui fait que les livres de J.K. Rowling soient aussi génialissimes.

 

Près de 20 ans après la parution du premier livre, Harry Potter à l’Ecole des Sorciers, les aventures du plus célèbre des sorciers modernes ont connu un succès fulgurant. Elles se sont écoulées à plus de 450 millions d’exemplaires et ont été traduites dans plus de 70 langues. Ce succès incroyable est dû au talent de son auteure, qui a su rassembler tous les ingrédients pour concocter la potion parfaite…

 

 

Harry Potter est un garçon comme les autres

 

Il se lève le matin, prend son petit déjeuner, va en cours, dîne, va se coucher… Niveau emploi du temps donc, rien de plus normal. Pour ce qui est des interactions sociales, là aussi rien ne sort de l’ordinaire : il a des amis, Ron et Hermione et des ennemis, Drago Malfoy et les Serpentards en général. Il tombe amoureux  de Cho Chang en cinquième année et de Ginny en 6ème. Niveau activités ? La routine : ses enseignants lui donnent des devoirs, il pratique un sport : le Quidditch, il sort avec ses amis à Pré-au-Lard, critique ses profs nuls… Bref, tout ce qu’un ado ordinaire ferait.

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Mais derrière cette apparente normalité, se « cache » un garçon extraordinaire…

 

C’est… (wait for it) …un sorcier ! Il va dans une école magique, il boit du jus de citrouille au petit déjeuner, il a des cours de Métamorphose et de Défense contre les Forces du Mal, il vole sur des balais et il dort dans un château. Plus si banal que ça, hein ?

 

Et à la fin de chaque année, un défi surprise ! Soit c’est un mage noir ultra puissant qui essaie de voler le caillou des gentils pour devenir immortel, soit c’est un serpent géant qui pétrifie les élèves qui choisissent les mauvaises toilettes. On a aussi le meurtrier présumé qui rôde autour de l’école et qui se révèle être un vieil ami de la famille, les trois épreuves où on peut finir carbonisé, noyé, dévoré ou tué, la rescousse du parrain qui ne se passe pas comme prévu, et enfin les voyages scolaires pour récupérer les bouts d’âme du méchant…

 

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Ce mélange entre ordinaire et extraordinaire fait qu’on s’identifie au héros et qu’on l’admire en même temps. Il ne paraît pas si inaccessible. Le fait que ses pouvoirs magiques viennent de sa baguette renforce cette relation de proximité : nous avons l’impression que si nous « moldus » (les gens dépourvus de pouvoirs magiques) en avions une, nous serions également capables de faire de la magie. Même si Harry et Ron sont issus de familles de sorciers (Ron est un sang-pur et Harry un sang-mêlé), Hermione est la preuve qu’on peut naitre de parents moldus et devenir extraordinaire. Ainsi, un nombre incalculable d’enfants ont espéré recevoir leur lettre d’admission à Poudlard pendant des années ! Et certains l’attendent toujours…

 

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Les livres sont véritablement une merveille d’inventivité. Pourtant, l’histoire suit le schéma on ne peut plus classique du monomythe

En gros, la chaine des événements se retrouve dans toutes les autres histoires jamais inventées. C’est d’ailleurs peut-être cette familiarité qui a contribué à séduire tant de lecteurs à travers le monde…

Démonstration :

 

1) Le héros vit dans un monde ordinaire : Check !

C’est d’ailleurs exposé dès la toute première phrase du premier roman : « Mr et Mrs Dursley, qui habitaient au 4, Privet Drive, avaient toujours affirmé avec la plus grande fierté qu’ils étaient parfaitement normaux. » (Harry Potter à l’Ecole des Sorciers)

Les Dursley sont l’archétype de la famille moldue. Ils habitent un pavillon dans la banlieue de Londres, conduisent une grosse voiture, organisent des diners d’affaire… Ils ne veulent surtout pas que quiconque apprenne qu’ils hébergent quelqu’un d’aussi étrange et anormal que Harry.

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2) L’appel à l’aventure : Check !

L’été de ses onze ans, Harry commence à recevoir des lettres qui l’informent de son admission à l’école de sorcellerie Poudlard. Lui qui a à peine eu l’occasion de quitter son placard depuis qu’il est né se voit offrir la chance de partir loin de sa famille.

 

3) Refus de l’appel : Hein ??

Harry n’est pas toujours le plus dégourdi, mais il n’est pas complètement stupide ! Il n’allait certainement pas dire : « Heu non, ça ne me dit rien votre truc, je préfère rester avec ma famille abusive qui m’enferme dans un placard à longueur de journée, qui me nourrit à peine et me traite pire qu’un elfe de maison (même si je ne sais pas encore ce que c’est…) ! Il n’a pas hésité une seule seconde à suivre le géant qui venait de démolir la porte et de donner une queue en tire-bouchon à son cousin grâce à son parapluie rose !

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4) Suivez le guide : Check !

En général, le héros a un mentor pour lui pointer du doigt la direction de l’aventure, généralement avant de lui dire « vas-y tout seul, tu dois le faire par toi-même » ou de carrément mourir devant son apprenti (dédicace à Obi-Wan et Yoda).

Dans le cas de Harry Potter, c’est Hagrid qui va le chercher dans la cabane de pêcheur et qui l’emmène vers sa destinée… mais pas avant d’avoir fait du shopping !

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5) Passage du seuil de l’aventure : Check !

Ça doit quand même foutre les jetons de courir vers un mur de briques parce qu’une femme que vous venez de rencontrer vous a dit « Ne t’inquiète pas tout va bien se passer ! ». Harry a dû se demander s’il n’allait pas légèrement se faire aplatir la face… Mais c’était absolument nécessaire pour « passer de l’autre côté » et démarrer la grande aventure.

 

6) Rencontre des amis et des ennemis : Check !

Harry va (comme par hasard) se retrouver dans le même compartiment que Ron et ils deviendront amis avant même que le train arrive à Poudlard. Son amitié avec Hermione se développera un peu plus tard, après le combat contre le troll à Halloween. Son inimitié durable envers Malfoy commencera dès le premier soir, juste avant la cérémonie de la Répartition.

 

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7) Epreuve : Double check !

Harry doit vaincre tous les pièges que ses professeurs ont imaginés pour protéger la Pierre Philosophale : le chien à trois têtes de Hagrid, le filet du Diable de Chourave, les clés volantes de Flitwick, l’échiquier géant de McGonagall, l’énigme de Rogue (en exclu pour ceux qui ont lu le livre !), le feu de Quirrell et le miroir de Dumbledore. Il réussira à passer tous les tests et même à incinérer un de ses enseignants ! 20/20 !

 

8) Récupérer l’objet de la quête et rentrer chez soi

Bon c’est vrai que d’habitude, ça claque un peu plus que recevoir le caillou comme par magie dans la poche, s’évanouir et se retrouver à l’infirmerie, mais ça compte quand même !

 

 

Malgré ce schéma classique, le monde que J.K. Rowling a réussi à créer est véritablement magique

 

Au-delà d’un style d’écriture très agréable à lire, une boucle narrative parfaite lit tous les éléments ensemble. L’histoire du début est expliquée par la fin, rien n’est incohérent, tout est parfaitement ficelé. Harry Potter est une longue saga, pourtant le nombre de livres est justifié : un par année passée à Poudlard. Le lecteur n’a pas l’impression que l’auteur veut faire durer son histoire le plus longtemps possible, il sait dès le début qu’il y aura sept livres et c’est tout.

 

Mais ce qui explique vraiment le succès du livre, c’est le fait que Poudlard soit devenue la maison des fans. On s’y sent comme chez nous. On mange avec Harry dans la grande salle, on est assis à côté de d’Hermione en cours, on rit avec Ron dans la salle commune le soir. Les quatre maisons deviennent nos familles d’adoption. Ayant pu grandir en même temps que les héros, ils sont restés nos amis imaginaires.

 

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L’univers des sorciers fait rêver : l’idée de quitter un monde qui ne nous comprend pas, dans lequel on ne se sent pas à l’aise est extrêmement séduisante et beaucoup de livres reprennent cette thématique comme Narnia, Alice au Pays des Merveilles, Arthur et les Minimoys… Mais de par sa proximité avec le monde réel, c’est celui de Harry Potter qui est le plus crédible. On aimerait tous être des héros qui sauvent le monde (ou au moins posséder une baguette magique pour ne pas avoir à se lever quand on veut éteindre la lumière) !

 

Au-delà des romans, la mobilisation des fans a également beaucoup contribué au succès de la saga. Grâce à J.K. Rowling, et à son site internet Pottermore, les fans peuvent s’imaginer à Poudlard, savoir dans quelle maison ils auraient été envoyés, percer tous les secrets du monde des sorciers. Les Potterheads comptent parmi les fandoms (communauté de fans) les plus actives. Il est donc facile de discuter entre fans et de trouver des gens qui comprennent parfaitement votre obsession pour le sorcier binoclar…

 

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Au final, la prédiction de l’auteure s’est réalisée: « Tous les enfants de notre monde connaitront son nom… » L’affiche pour annoncer l’arrivée du huitième et dernier film en 2011 n’a même pas eu besoin de titre: une image et la date de sortie étaient amplement suffisantes…

 

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Presque 10 ans après la sortie du dernier livre, les fans croient toujours au monde magique dans lequel les a plongé Harry Potter et continueront encore longtemps…  Longue vie à l’Elu !

 

 

 

 

 

 

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