Ces films qui ont inspiré Star Wars

17 juin 2016 Bastien Hauguel Ciné/Séries,

La trilogie originale Star Wars a complètement révolutionné le monde de la science-fiction, que ce soit au niveau de sa conception ou encore de la manière d’utiliser les effets spéciaux. Pourtant, Star Wars n’est pas parti de rien. Toutes les personnes impliquées derrière la saga ont rassemblé ensemble plusieurs inspirations qui vont des films de samouraïs au western, en passant par les space operas ou encore les films de la Seconde Guerre Mondiale. George Lucas et son équipe ont ainsi amassé tous ces éléments pour créer par la suite l’univers, les personnages et l’intrigue de la saga que l’on connaît aujourd’hui. Même s’il est difficile d’évoquer tous les long-métrages qui ont inspiré sa création, les films qui vont être cités ont tous été reconnu par Lucas et son équipe comme des inspirations majeures. Et pour cause, certains rapprochements sont tout simplement bluffants…

 

star wars inspiration

© Slate

 

L’influence majeure d’Akira Kurosawa

 

Kurosawa, ce génie. Non content d’avoir influencé la période des westerns spaghettis, les films de l’immense réalisateur japonais font partie des inspirations les plus populaires et les plus directs que l’on retrouve dans la saga Star Wars. George Lucas lui-même a avoué que le travail de Kurosawa a été une influence majeure dans la création de cet univers. Le réalisateur a d’ailleurs repris en hommage les fameuses transitions verticales pour passer d’une scène à l’autre que l’on retrouve dans toute la filmographie du cinéaste nippon. Mais au-delà de l’aspect visuel, les thèmes, personnages et intrigues chères à Kurosawa ont directement inspiré ceux de Star Wars. C’est particulièrement vrai dans Les Sept Samouraïs (1954), avec l’ordre des jedis qui copie l’ordre des samouraïs. Le terme de jedi s’inspire d’ailleurs directement de « jidai-geki », à savoir les films de samouraïs en japonais. La relation entre Luke et Obi-Wan dans Un nouvel espoir ressemble à celle de Katsuhiro, le jeune samouraï qui s’entraîne sous l’œil de Shimada Kambei, le vieux et sage ronin. Le personnage de Luke a peut-être été également inspiré par Kikuchiyo, un garçon de ferme qui veut devenir un samouraï.

 

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Toshiro Mifune et Takashi Shimura dans Les Sept Samouraïs

 

Mais c’est surtout La Forteresse cachée (1958) qui est la source la plus fréquemment citée. En effet, le film d’Akira Kurosawa raconte l’histoire d’un général et d’une princesse qui doivent se battre pour s’échapper d’un territoire ennemi, avec l’aide de deux paysans qui ne font que de se quereller. Toute l’intrigue de l’épisode IV est clairement rattachée à l’histoire contée par Kurosawa. George Lucas a d’ailleurs reconnu que les deux paysans qui se battent ont aidé à la création des droïdes R2-D2 et C-3PO. De la même manière, le vieux général et la princesse font penser à Obi-Wan Kenobi et la princesse Leia, même si l’inspiration est moins flagrante ; tandis que la princesse Yuki prétend être muette pour cacher son identité, Leia rejoint la bataille. Au niveau visuel, la course-poursuite à cheval dans La Forteresse cachée rappelle celle de la forêt dans Le Retour du Jedi. De même, la manière de filmer le premier combat de sabre laser entre Obi-Wan et Dark Vador dans l’épisode IV reprend les codes visuels du duel entre Toshiro Mifune et Takashi Shimura.

 

 

On retrouve également un parallèle dans un autre film de Kurosawa, Dersou Ouzala (1975). Un plan du film représente les silhouette de deux hommes seuls face au soleil et à la lune présents dans le même ciel, ce qui rappelle indubitablement le plan où Luke se retrouve face aux deux soleils de Tatooine dans Un nouvel espoir.

 

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À gauche Dersou Ouzala et à droite Un nouvel espoir

 

Une suite de Flash Gordon ?

 

George Lucas a annoncé que Star Wars était à la base un projet de réadaptation de la série de petits films Flash Gordon (1936) de la Grande Dépression. Les films suivent les aventures spatiales du héros éponyme tandis qu’il combat les forces impériales du terrible empereur Ming. Mais Lucas n’a pas réussi à en obtenir les droits, le projet évolua donc en Star Wars. Toutefois, Flash Gordon est resté une forte inspiration. Un premier jet du script de la Guerre des étoiles possédait d’ailleurs une couverture représentant un duel entre Flash et Ming. Star Wars contient de multiples références à Flash Gordon : la cité des nuages dans L’Empire contre-attaque, le conflit entre rebelles et forces impériales ou encore le légendaire générique d’ouverture qui défile de haut en bas.

 

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Flash Gordon

 

L’inspiration dans le western

 

Lucas est un grand fan de western (quel cinéphile ne l’est pas ?), et tout particulièrement du classique de Sergio Leone Il était une fois dans l’Ouest (1968). Pour preuve, le film met en scène des confrontations ressemblant étrangement à celle entre Han Solo et Greedo dans la cantina. Han, comme un vrai cow-boy qu’il est, tire le premier et tue Greedo. Pour l’anecdote, Lucas modifia la scène dans les différentes rééditions de l’épisode IV, faisant en sorte que ce soit le chasseur de primes qui tire en premier, pour que l’acte de Solo devienne de la légitime défense (cela entraîna d’ailleurs la colère des fans et le début des polémiques concernant les modifications des œuvres originales). Mais l’atmosphère de la cantina, Boba Fett et autres chasseurs de primes semblent avoir été influencé par l’Ouest sauvage. Christopher Frayling, le biographe de Leone, a noté que George Lucas était tellement fan d’Il était une fois dans l’Ouest qu’il écoutait la bande-originale du film pendant le montage de L’Empire contre-attaque. De plus, la première entrée en scène de Dark Vador dans Un nouvel espoir est considérée comme une allusion au personnage de Frank du film de Leone.

 

star wars western

 

On retrouve également l’influence dans Star Wars du western de John Ford La Prisonnière du désert (1955), à qui Lucas a repris beaucoup d’éléments : la ferme dans le désert qui finit complètement brûlé, le jeune garçon de ferme naïf qui veut devenir un héros ou encore la figure du père stricte qui finit par devenir ce contre quoi il se battait (Anakin, Dark Vador, tout ça tout ça).

 

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John Wayne et Jeffrey Hunter dans La Prisonnière du désert

 

Fandom de la science-fiction

 

Impossible de parler des influences de Star Wars sans évoquer la science-fiction, puisque l’univers fait partie du genre. Lucas s’est approprié les codes de la science-fiction pour les réinventer, mais ça ne l’a pas empêché d’ajouter plusieurs références. Une des premières inspirations provient de Metropolis (1927), un des premiers (si ce n’est le premier) film de science-fiction. Sous son aspect futuriste, le long métrage muet du cinéaste allemand Fritz Lang dépeint le conflit entre classes sociales dans une cité dystopienne, où les dirigeants vivent en haut des bâtiments et les ouvriers à même le sol. On retrouve ce type d’organisation dans la planète Coruscant. Mais surtout, c’est la ressemblance entre le robot Maria de Metropolis et C-3PO qui saute aux yeux. Le design du droïde de protocole a été inspiré par le robot du film, qui était aussi de couleur or comme l’atteste les posters de Metropolis de l’époque. Le film de Fritz Lang met aussi en scène l’inventeur du robot qui a une main cyborg (qu’il recouvre avec des gants noirs), tout comme celle de Luke après que Dark Vador l’ait tranché durant leur duel dans la Cité des nuages dans l’épisode V. Enfin, la mort de l’inventeur, qui est jeté du haut de la cathédrale, ressemble à la mort de Palpatine des mains de Dark Vador dans Le Retour du Jedi.

 

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En 1968 sort le chef d’œuvre de Stanley Kubrick : 2001 L’Odyssée de l’espace que George Lucas va qualifier de « film de science-fiction ultime ». Et même si le long-métrage ne partage pas les mêmes intrigues et personnages que Star Wars, il a inspiré le design de la trilogie originale de multiples façons. Stuart Freeborn, impliqué dans le maquillage et le design de l’incontournable séquence des singes dans 2001, était en charge du design de Yoda, Jabba le Hutt et des Ewoks. De plus, la bande originale épique de John Williams rappelle l’utilisation de la musique classique dans le film de Kubrick. Au niveau technique, 2001 a également ouvert la voie pour Star Wars dans l’utilisation des maquettes de vaisseaux spatiales.

 

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2001 : L’Odyssée de l’espace

 

Le design de la trilogie originale n’aurait aussi peut-être jamais pu voir le jour sans le film fantôme Dune d’Alejandro Jodorowsky. Avant que le film Dune de 1984 ne soit réalisé par David Lynch, c’est le cinéaste surréaliste Jodorowky qui avait lancé le pari en 1973 d’adapter le roman éponyme de Frank Herbert. En s’entourant de grands artistes comme Salvador Dali, Orson Welles ou Mick Jagger, le cinéaste promet un film fleuve de plusieurs heures que la Fox finira par refuser de financer. Mais même si le long métrage ne sera jamais réalisé, il aura permis de faire décoller la carrière de nombreux artistes dont Dan O’Bannon qui sera par la suite en charge des effets spéciaux dans Star Wars. Cette histoire a d’ailleurs fait l’objet du documentaire Jodorowsky’s Dune sorti il y a quelques mois.

 

jodorowskys dune

 

L’exemple de la Seconde Guerre Mondiale

 

Les films de la Seconde Guerre Mondiale étaient d’excellentes sources d’inspirations pour Lucas, car ils illustraient les hauts enjeux du combat. Prenons pour exemple le film Les Canons de la Navarone sorti en 1961. Même si son intrigue est complètement fictionnelle, bien que se déroulant durant la 2nd Guerre, elle suit un groupe de soldats alliés qui doivent à tout prix démolir au plus vite deux énormes canons allemand. Cette course contre la montre dans le but de détruire une super-arme apparaît à la fois dans l’épisode IV et VI.

 

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Les Canons de la Navarone

 

Autre exemple : les Briseurs de Barrages (1955) qui raconte l’histoire vraie de pilotes de la British Royal Air Force et leur mission de destruction de trois barrages allemands. Pour les démolir, les pilotes doivent voler près du sol et lancer leurs bombes à un timing précis qui va définir si le barrage sera détruit ou non. Cette situation réapparaît bien évidemment dans Un nouvel espoir, mais à la place des barrages, les pilotes rebelles attaquent l’Étoile de la Mort. Les ressemblances ne s’arrêtent d’ailleurs pas là. Gilbert Taylor, qui était le chef opérateur des effets spéciaux dans les Briseurs de Barrages, a officié en tant que directeur de la photographie sur l’épisode IV. Au niveau visuel, les similarités entre les deux films sont tout simplement bluffantes :

 

 

Les Stormtroopers de George Lucas ont été inspirés par les soldats nazis, et en grande partie par la manière où ils sont portés à l’écran dans le film de propagande de Leni Riefenstahl, Le Triomphe de la volonté. Sorti en 1935, le film a été créé pour supporter le régime nazi. Mais malgré sa promotion du gouvernement fasciste d’Adolf Hitler, son incroyable cinématographie en a fait un des films les plus cités et les plus influents de l’histoire du cinéma. Et on peut remarquer que le métrage a clairement marqué George Lucas. En plus du parallèle évident entre l’Empire galactique et le régime nazi, Le Triomphe de la volonté a été l’inspiration de la scène finale d’Un nouvel espoir. Cette cérémonie de récompense des héros ressemble particulièrement à un rassemblement nazi. Un choix étrange de la part de Lucas qui suggère toutefois que le totalitarisme peut toquer très facilement à la porte

de n’importe quelle société…

 

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Et vous, quelles autres inspirations avez-vous remarquées ?

 

 

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