Enquête : La place de l’ebook dans les maisons d’édition françaises

11 septembre 2015 François Tassain Livres,

Écran contre papier

 

KPMG a publié aujourd’hui les résultats d’une étude très intéressante sur la place de l’ebook dans les maisons d’édition françaises.

 

L’étude en question est une enquête menée auprès de 143 maisons d’édition, 75 éditeurs indépendants et 7 groupes d’édition. 75% des sondés avaient un chiffre d’affaires inférieur à 5 millions d’euros. Si beaucoup d’entre eux se sont lancés dans le numérique, on peut observer une fracture se dessiner peu à peu.

 

Un marché difficile à appréhender…

 

Ainsi, si 62% des éditeurs ont une offre en ebook (chiffre stable par rapport 2014), 45% de ceux n’en ayant pas ne veulent plus de lancer dans l’aventure. Encore jeune, le marché est difficile à saisir et à anticiper. C’est cette difficulté à appréhender ce nouveau marché qui bloque les éditeurs. À l’inverse, ceux ayant pris le train en marche il y a plusieurs années n’ont aucune difficulté à continuer. On observe donc un fossé entre les éditeurs ebook et les « papiers ».

 

À la question « pourquoi ne voulez vous pas vous lancer dans le numérique », de nombreuses explications sont avancées. Pour certains, il existe des livres qui sont inadaptés au support numérique. Quand ce n’est pas le l’ebook dans son ensemble qui serait inadapté au secteur éditorial !

 

Pour d’autres, ça ne correspond pas à la clientèle visée. Il existe aussi des éditeurs qui se disent « fervents défenseurs du format papier ». Mais ils ne sont que… 7%

 

Un des incontestables avantages de l'ebook

Un des incontestables avantages de l’ebook

 

Enfin, les coûts de développement restent un frein majeur. Difficile de se lancer dans une telle aventure lorsque la numérisation est chère et le marché difficile à prévoir. Le comble étant que les subventions sont très rares ! À peine 14% des éditeurs qui se sont lancés dans l’ebook en ont reçu. Or, ces dernières permettent jusqu’à 50% d’économie sur le coût du projet. Un coup de pouce salvateur, mais hélas trop rare.

 

… Mais en progression

Aujourd’hui, un tiers des éditeurs ont plus de la moitié de leur catalogue disponible en numérique. L’enrichissement des livres (application dédiée, ajout audio, liens externes) reste toutefois marginal, à peine 8%. Les raisons sont que cet enrichissement est considéré comme peu rentable et pas forcément très utile.

 

De plus en plus d’éditeurs éditent des livres UNIQUEMENT dans un format numérique. La raison est qu’ils sont parfois trop chers à éditer en format papier (faible tirage par exemple). Les consommateurs y gagnent: en moyenne, les livres numériques sont vendus 30% moins cher que leurs équivalents papier.

 

Si les ventes numériques sont encore marginales (environ 5 à 10% du chiffre d’affaires des éditeurs), elles sont néanmoins en progression. La vision de l’avenir du marché est toutefois bien plus positive et audacieuse chez les éditeurs disposant d’une offre numérique. Ceux ne s’étant pas lancés sur le marché préfèrent attendre, quitte à rater le coche.

 

Vous pouvez trouver les résultats complets de l’étude ici:

 

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