Act Of Agression, un retour aux sources réussi ?

7 septembre 2015 François Tassain Jeux vidéo,

Suite spirituelle des Act of War et des Command and Conquer, Act Of Agression compte faire sa place dans le milieu très fermé des RTS en opérant un retour aux sources de l’âge d’or du genre, fin années 90-début 2000. Est-ce une nouvelle réussite pour les Français de Eugen Studios ?

 

Le futur d’aujourd’hui

 

L’action de Act Of Agression se déroule en 2025. Le monde est ravagé par une guerre mondiale entraînée par un effondrement de l’économie Chinoise. Act of Agression met en scène trois factions qui s’affrontent sur deux campagnes (Chimère et US Army vs Cartel).

 

 

Si vous trouviez les dark templar de Starcraft abusés, vous allez pleurer

Si vous trouviez les templiers noirs de Starcraft abusés, vous allez pleurer

 

Ce qui fait la réussite d’un RTS, c’est en grande partie l’équilibrage entre ses factions. Dans le cas d’Act Of Agression, c’est une réussite.

L’US Army, épuisée par des affrontements incessants partout sur le globe, est la moins avancée technologiquement, la plus simple à appréhender et la plus classique.

 

Les unités de l’US Army sont très spécialisées et puissantes. Mais les Yankee n’ont pas la versatilité des autres factions (leurs tanks surpuissants n’ont aucune défense antiaérienne), forçant leur commandant à bien doser son armée.

 

 

La subtilité américaine en action

La subtilité américaine en action

 

En plus des américains, l’occident est représenté par la Chimère. Il s’agit d’une force multinationale sous le contrôle de l’ONU: on y trouve un mélange d’unités en grande partie européennes (soldats français « félins », sniper anglais des SAS, etc). Contrairement à l’US Army, la Chimère s’appuie sur des unités très polyvalentes. Le meilleur exemple reste le tank Terminator, capable d’intercepter les missiles ennemis (agissant en bouclier antimissiles) tout en étant équipé de Gatling, de lance grenades et de missiles guidés antiaérien et antichar !

 

act of agression graphismes

 

Enfin, le Cartel est la véritable star de Act of Agression. Organisation terroriste aux dessins obscurs, elle utilise des unités couteuses et fragiles, mais puissantes. Cerise sur le gâteau, une grande partie de ses unités et ses bâtiments peuvent devenir invisibles, permettant des techniques à l’esprit pas très Coubertin. Les tanks Spectres qui vous cartonnent tout en restant invisible, c’est pas agréable. Malgré ça, le Cartel reste la faction la plus difficile à jouer, réservée aux vétérans, donc.

 

Ces trois factions sont mises en scène dans une campagne assez agréable, qui a le bon goût d’être variée: escorte de véhicules, capture éclair de bâtiments, sauvetage de politicien, guérilla urbaine en ville… Le tout narré par des courtes cinématiques à la Command and Conquer, mélangeant  faux reportages et émissions et des dizaines de schémas tactiques commentés par des voix off.

 

act of agression campaign

 

Si le scénario est assez bon, la narration n’est pas à la hauteur, et l’absence de personnage charismatique rend difficile l’attachement à un univers  bien pensé. De même, le design global du jeu est impersonnel. Les véhicules se ressemblent tous, et il est impossible de distinguer les soldats à l’œil nu. Le jeu perd en lisibilité, même si les factions se distinguent les unes des autres.

 

Un mode de vue alternatif permet de mieux voir l'organisation du terrain

Un mode de vue alternatif permet de mieux voir l’organisation du terrain

 

Si elle est longue, la campagne d’Act of Agression est aussi ardue. Ceux ayant joué aux titres d’Eugen System le savent, leurs campagnes sont souvent brutales, et Act of Agression ne fait pas exception. Le pire étant qu’il n’y a aucun didacticiel ni de manuel: le jeu se contente de nous donner de plus en plus de possibilités.

 

C’est donc au joueur de deviner comment fonctionnent l’électricité, le système de raffinerie, le rôle des unités, etc…Particulièrement fâcheux quand, dans la cinquième partie de la campagne de la Chimère, on vous donne d’un seul coup le contrôle de l’US Army.

 

Un peu comme si pour votre premier jour au club de boxe, on vous filait une paire de gants avant de vous faire monter sur le ring contre Igor, 1m90 et 95 kilos. Autant vous dire que les premières séances, aussi bien en campagne qu’en escarmouche, seront tout autant de raclées.

 

 

act of agression bahamas

 

Le jeu contre l’IA offre aussi un bon challenge : l’IA n’hésite pas à rusher, et ce, même en « très facile » ! Les cartes, très grandes et variées se déroulent en majorité en milieu urbain. Le solo de Act of Agression sert surtout d’introduction au multijoueur, le gros morceau des titres d’Eugen System: classement en solo et en 2v2, système de matchmaking, chat clair et précis, menus fluides: pas de doutes, Eugen System n’a pas perdu la main.

 

 

Classique, mais pas trop

 

Act Of Agression possède quelques caractéristiques l’éloignant des RTS classiques. Tout d’abord, la gestion de la base. Chaque joueur commence avec un QG, et tous les autres bâtiments doivent être construits autour du QG. Seules exceptions : les avant-postes, qui servent de QG mineurs et les raffineries, qui récoltent des trois ressources (pétrole, aluminium, terres rares)

 

 

act of agression battle

 

Il faut donc réellement réfléchir à l’agencement de votre base: éviter qu’une caserne bloque le chemin de sortie de votre fabrique de tanks, vérifier que les tourelles couvrent bien toute votre base, etc… Plus on construit des bâtiments, plus on consomme d’électricité. Il faut donc construire des générateurs qu’il vous faudra protéger à tout prix, car si vous avez pas assez d’électricité, TOUS vos bâtiments deviennent inopérants! Seul le Cartel peut passer outre cette interdiction en développant une technologie particulière, et construire des casernes invisibles sur toute la map. Je vous avais prévenus, ils sont pénibles.

 

Une base de la Chimère

Une base de la Chimère

 

De même on ne trouve pas de villageois récoltant des ressources, mais des raffineries qui apportent la production à l’aide de véhicules.  Le défi est de garder un apport régulier de ressources, car ces dernières sont consommées en temps réel. En clair, si vous êtes trop gourmand, c’est toute votre économie qui sera bloqué.

 

Les cartes recèlent de banques à capturer, qui apportent un revenu régulier en pétrole. Des bâtiments d’autant plus précieux que les ressources s’épuisent très vite ! Les fantassins peuvent aussi se mettre à couvert dans les bâtiments, les rendant apte à défendre efficacement la zone.

 

 

" - Alors ce braquage ?  - a s'est très très mal passé. "

« – Alors ce braquage ? – Ça s’est très très mal passé. »

 

Enfin, les soldats et pilotes de véhicules ennemis défaits peuvent être fait prisonniers, et rapporter beaucoup de ressources: il faut donc éviter de perdre bêtement ses unités pour ne pas donner l’avantage à l’adversaire. Attention également: tout l’environnement est destructible. Je l’ai appris à mes dépends après avoir planqué mes forces près d’une station-service : un tir malchanceux a fait exploser le bâtiment, tuant mes hommes à l’intérieur et les tanks qui étaient stationnés autour.

 

Avec Act Of Agression, Eugen System privilégie clairement le fond sur la forme. Si un joueur solitaire s’y amusera, c’est en multijoueur que le jeu dévoile tout son potentiel. Si vous êtes fan de RTS compétitif, Act Of Agression saura vous satisfaire pleinement.

 

Act Of Agression

44,99€

surprenant !

Les plus

  • Système de jeu profond, complexe et solide
  • Bon équilibrage des factions, multitude de stratégies
  • Multijoueur de très bonne facture

Les moins

  • Pas d'unités navales

NOTE FINALE :

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